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Rencontre avec Jacques Gamblin !

Les 12 et 13 mars 2004, Jacques Gamblin a joué sa pièce "Entre courir et voler y a qu'un pas papa" au Théâtre de Corbeil-Essonnes. Le vendredi 11 mars 2004, l'acteur et homme de scène m'a accordé une interview reproduite intégralement ci-dessous.

Bernard Gaudin : Auteur, homme de théâtre, acteur de cinéma, écrivain, vous arrivez à gérer tout cela à la fois ?

Jacques Gamblin : Ah ! C'est compliqué. C'est bien d'avoir des activités aussi différentes. Moi, j'aime bien çà ! J'aime bien l'alternance ! J'aime bien me retrouver seul devant une feuille de papier. J'aime bien les équipes de tournage, me retrouver ici ou ailleurs, à l'étranger ou sur des plateaux de tournage, dans une bulle. J'aime bien le théâtre dans le travail de laboratoire qu'il représente, dans la recherche, la répétition. J'aime bien, évidemment, le contact avec le public, J'aime bien tout çà ! Et puis les activités d'écriture, j'aime çà aussi. C'est mon potager, c'est à moi d'un bout à l'autre. C'est un parcours long et, évidemment, difficile qui m'est devenu complètement nécessaire. Je n'écris pas ou je ne fais pas des spectacles pour remplir des trous, pour remplir des vides. Je le fais parce que j'ai une histoire à raconter et c'est la meilleure façon que j'ai trouvé pour la raconter. Ecrire des livres, c'est devenu un deuxième métier. Je ne suis pas un comédien qui écrit. Je suis un comédien et aussi un écrivain ou un auteur. Enfin, je ne sais pas comment on appel çà. Parce que le texte que j'écris, c'est tout d'abord un livre avant d'être un spectacle. Mais ce n'est pas obligé qu'il devienne un spectacle. Pour l'instant, il se trouve que j'ai adapté mes romans pour le théâtre. Mais ce n'est pas obligatoire, ni prévu, ni prévisible.

BG : Comment êtes-vous arrivé dans le milieu du spectacle ?

Jacques Gamblin : Je suis arrivé extrêmement par hasard dans le milieu du spectacle. Parce que j'ai rencontré un directeur de compagnie avec qui j'ai fais, comme çà, deux ou trois stages quand j'étais adolescent, quand j'avais dix-sept ans. Et puis cet homme là avait une compagnie itinérante qui tournait dans toute la France à l'époque où je l'ai rencontré. Suite à ces stages d'acteur, non pas avec le projet de devenir un acteur, non, parce que j'étais plus heureux là qu'ailleurs, voilà. Et il m'a proposé de rentrer dans la compagnie immédiatement après parce que son régisseur foutait le camp et du coup, il y avait une place qui se libérait . Moi, je n'y connaissais rien du tout et il se proposait de me former à ce métier de la régie de spectacle. J'ai dis pourquoi pas. Je suis libre, ok, à demain. On commence et voilà. Et je suis parti sur les routes de France avec cette équipe, une 4L, trois valises, quelques accessoires puis hop ! Pour moi, c'était une chance, mais je ne l'ai su qu'après. Puis plus tard, de fil en aiguille, je suis passé de l'autre côté. J'ai passé un an et de demi et je suis passé de l'autre côté. J'avais envie d'aller voir de l'autre côté. Mais çà c'est fait vraiment comme une chance qu'on saisie et qu'on ne lâche plus. Encore qu'à un moment donné, je l'ai lâchéparce que j'avais pas l'impression d'avoir choisi ce métier. Et que je me disais merde, ce métier là, c'est un beau métier apparemment. Il ne s'agit pas de le faire sans l'avoir choisi. Donc, j'ai arrêté huit mois en pensant arrêter définitivement pour me consacrer à une formation de menuisier, enfin, les planches toujours mais… Et puis, il m'a rappelé pour savoir si je souhaitais encore faire un spectacle avec lui. Et puis j'ai accepté. Et là, du coup, le choix est arrivé là. Le choix de faire ce métier est arrivé trois ans après avoir connu les prémices de l'affaire. C'est très amusant. Des fois, je dis que je suis un escroc. Je suis tombé dans un monde sans l'avoir demandé, sans l'avoir cherché alors qu'il y a tellement de gens qui voudrait le faire. Puis après, j'ai dis si, c'est moi, c'est moi !

BG : C'est donc parti du théâtre ?

Jacques Gamblin : Ah oui, c'est parti du théâtre. C'est parti de la régie de théâtre, c'est clair. Le théâtre, puis après, peu à peu, voilà. Un petit rôle dans une télé, deux télés, trois télés. Et puis, le cinéma, des troisièmes rôles, des deuxièmes et des premiers. Çàc'est fait de façon très progressive. Et puis, çà continue. J'aime bien moi. Je ne suis pas de… Je me sent toujours aussi… Je me sent pas, heu, comment dire, abonné à un style ou à un autre. J'ai ma route, c'est la mienne . Je fais les films pour lesquels je craque. Ce métier est trop beau pour y faire n'importe quoi. J'ai la chance d'avoir le choix. C'est une chance, j'en ai conscience, merci, bon… C'est la chance et du coup, je m'en sert et je vais ou j'ai envie d'être. Et donc, de temps en temps, tous les cinq six ans à peu près, je fais un passage obligé vers quelque chose de plus personnel. C'est un besoin de ne pas être seulement un interprète. De dire ce qui me préoccupe, ce qui me chatouille. Un peu comme pour faire entrer les gens qui me connaissent depuis longtemps ou d'autres qui me découvrent dans un monde qui est le mien et qui est particulier puisque c'est le mien.

BG : Quel est le film qui est à l'origine de votre notoriété ?

Jacques Gamblin : Le film qui m'a le plus boosté, c'est quand même "Pédale douce". Après, il y a eu "Les Enfants du Marais", juste après, et qui a été un très beau succès aussi. Et puis les autres. C'est ceux dont on parle le plus mais il y a beaucoup d'autres films dont je suis très fier. Ce sont des films qui resteront et qui auront un parcours sur la longueur aussi. Je pense au film de Tavernier. Je pense à "A la petite semaine", le dernier film que j'ai tourné avec Sam Karmann et qui est passé très vite à l'affiche. Mais c'est un très beau film. Je pense à "Mademoiselle" qui a fait un très beau succès aussi, de Philippe Lioret. Et puis, le dernier qui sortira à l'automne et qui s'appelle "Holly Lola " et qui est une histoire d'adoption, d'un couple qui va adopter, avec Isabelle Carré qui va adopter au Cambodge un enfant.

BG : Vous avez des projets ?

Jacques Gamblin: Vous savez, quand on met plusieurs années à écrire un livre et qu'il est ensuite adapté au théâtre, moi j'ai pas envie de m'arrêter là. On sera à quarante représentations à la fin du mois. Le spectacle est en train de s'acheter bien un peu partout pour la saison prochaine. Donc, pour l'instant, je suis en train d'essayer de caler cette tournée avec un film qui me tient beaucoup à cœur et qui, j'espère, va se faire. J'en ai pas encore la certitude. Ce serait sur "La Brigade du Tigre" pour le cinéma avec, à la réalisation, Jérôme Corniaud. Il a réalisé le film Dissonnance qui est passé sur "Arte" il y a deux ou trois semaines. C'est un film d'action. J'attends d'avoir des certitudes la dessus pour, ensuite, caler une tournée et un passage à Paris ou en banlieue avec le spectacle. Mes spectacle, je les tourne sur trois ans. Je les tourne surtout l'hiver pour ne pas être bloqué pour les films. Donc, çà c'est déjà deux projets.

BG : Corbeil-Essonnes, vous connaissiez ?

Jacques Gamblin : C'est amusant. Je n'ai pas tourné à Corbeil même, mais à Saint-Germain, à côté. Dans une propriété, j'ai tourné tous le mois de septembre dans la propriété Darblay. Alors, on a tourné un mois ici, avec Pierre Boutron qui réalisait pour la télé, pour France 3. Le film "Le Voyageur sans bagage", d'après Jean Anouilh. Le film est fini, totalement fini, et je venais tous les jours ici. Sinon, je suis venu déjà jouer ici "Le Touché de la Hanche" il y a cinq ans. Très belle salle. J'aime tourner. J'aime bien trimballer mon baluchon. Avant, j'aimais moins. Maintenant, je trouve çà vachement bien d'aller rencontrer les publics. Évidement, à chaque fois c'est très déstabilisant. A chaque fois, on tombe dans des acoustiques, des salles différentes. C'est pas simple. Maintenant, je suis beaucoup moins inquiet de çà qu'autrefois. J'aime bien, j'aime vraiment bien !

Photos : Bernard Gaudin ©

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Jacques Gamblin au Théâtre de Corbeil-Essonnes en mars 2004